L'anxiété, mon témoignage


Tout a commencé en 2013, je vivais beaucoup de stress et de changements dans ma vie. Je ne m’en apercevais pas en fait, mais je n’allais pas bien. Je ne savais pas encore ce qu’était l’anxiété. J’étais et j’avais toujours été une personne très pessimiste dans la vie. Je croyais que c’était normal. Je me dénigrais toujours autant dans mes rôles d’employée, de conjointe ou de maman que physiquement . À mes yeux, c’était normal que je ne réussisse pas dans la vie. Par exemple, lorsque je postulais à un nouveau travail, je me disais que, de toute façon, je ne serais pas embauchée…



J’avais cumulé beaucoup de matériels et je croyais qu’avec tout ça je trouverais enfin le bonheur. Une maison plus grande allait évidemment me rendre plus heureuse… Mais ça ne fonctionnait pas.


Lorsque tout a commencé, à cette période, je vivais des situations qui me frustraient énormément. Des situations actuelles, mais aussi certaines passées que je revivais… Je passais mes soirées à en discuter avec mon conjoint. Je me réveillais aussi la nuit pour détester certaines personnes et je rêvais aux scénarios dans lesquels je leur disais enfin ce que je pensais d’elles. Je me réveillais avec la rage de ne pas avoir le courage de leur parler réellement.



Toutes mes pensées étaient dirigées vers les nombreuses tâches que je devais exécuter, une grande maison demandait beaucoup. Je vivais de l’insatisfaction au travail et dans ma vie personnelle. Le sentiment de ne jamais être à la hauteur, que ma vie n’était pas celle que je souhaitais, et que je n’étais pas assez bonne pour changer ça m’habitaient. J’avais de la peine pour mon passé et du stress pour mon futur…


Je crois qu’il y a des épreuves dans la vie qui sont là pour nous remettre dans le droit chemin. Lorsque je me suis rendue à l’urgence ce matin de juillet, en crise d’angoisse, croyant être malade, c’était le commencement de cette « maladie », mais le long début de ma guérison. Cette situation était certainement une de ces épreuves. Mon cerveau m’envoyait un signe que ça n’allait pas du tout et que je ne pouvais continuer sur cette voie.

Ensuite, j’ai dû traverser plusieurs étapes semblables à celles du deuil.


Comme le choc d’apprendre ce diagnostic de trouble anxieux, et que le système de santé ne pouvait rien pour moi.


Le déni a duré longtemps, je me disais que peut-être j’avais une maladie (physique) plus rare que les médecins n’avaient pas diagnostiquée.


La colère parce que j’aurais voulu « guérir » et recevoir de l’aide plus rapidement. La peur de devoir vivre comme cela toute ma vie…


La tristesse de devoir accepter le diagnostic et entreprendre une psychothérapie.


J’ai fini par me résigner à accepter de devoir changer ma vie, ma façon de penser et d’être.

Ça ne s’est pas fait en un jour! Pendant un an, j’ai consulté tous les professionnels possibles et imaginables : psychologue, acupuncteur, naturopathe, hypnologue et même un ergothérapeute (eh oui, celle-ci m’a beaucoup aidée!). En fait, chacun d’eux m’a appris quelque chose de merveilleux. Au début, j’espérais un miracle, que l’un de ces thérapeutes me « guérissent », j’étais continuellement à la recherche d’une bouée de sauvetage. J’aurais pu, à ce moment-là, adhérer à n’importe quelle secte ou groupe vaudou! J’avais un autocollant au front sur lequel il était inscrit : « sauvez-moi! » Je n’avais pas encore compris que je devais me sauver par moi-même…


Un an, c’est quand même long. C’est le temps que ça m’a pris pour reprendre le boulot et comprendre plusieurs choses, mais en fait ce n’était que le début de ce long travail que j’avais à faire sur moi-même. 7 ans plus tard, cet ouvrage se poursuit toujours. J’ai dû prendre confiance en moi, apprendre à m’aimer. J’ai eu des hauts et des bas. J’ai vécu encore énormément de difficultés qui ont mis à l’épreuve ma fragilité à cette anxiété, mais je me souvenais toujours que : ça pouvait être pire. Je me revoyais couchée en boule dans le salon pendant plusieurs mois incapable d’aller faire mon épicerie et je savais que de plus en plus je m’aimais assez pour ne pas retourner là. J’ai fait de cette faiblesse ma force d’aujourd’hui!


''Notre anxiété ne provient pas du fait de penser au futur, mais de notre volonté de le contrôler'' – Khalil Gibran –

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