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Comment j’ai survécu d’avoir tout perdu financièrement



En 2014 j’avais tout, maison, voiture, VR, VTT et amoureux. J’aspirais à beaucoup plus. Après ma période d’arrêt de travail où j’ai reçu un diagnostic de troubles anxieux en 2013, j’ai décidé de me relever et de démarrer ma propre entreprise. Mes emplois avaient un peu marqué le début de mes angoisses, j’ai cru qu’il serait plus simple d’être à mon compte. Oui être entrepreneur à son lot d’avantages mais ce n’est certes pas une solution pour diminuer son stress. Oh que non!



En 2017 j’étais rendue seule en appartement et endettée comme jamais, moi qui avais toujours eu une belle santé financière. Que s’est-il passé pendant ces trois années? Quand je veux quelque chose je l’obtiens, alors j’ai foncé vers le premier projet qui s’est présenté avec des lunettes roses. Sans trop penser, sans calculer ni analyser, comme un enfant le jour de Noël qui ne pense à rien d’autre que ses cadeaux. Lorsque l’excitation du projet s’est amorcée, j’e n’étais plus capable de faire volte-face. Malgré mon intuition et tous les indices qui me disaient de ne pas y aller, j’ai fait fi de mon conjoint de l’époque qui n’avait pas confiance non plus. Trop tard j’étais monté dans le manège et j’ai réalisé, ensuite, qu’il était trop haut, qu’il allait trop vite, impossible d’en redescendre.




J’ai mal choisi; le domaine, mon associé, l’emplacement. Je n’ai pas pris de références, pas d’étude de marché, j’ai fait confiance, je ne savais même pas tout ceux avant moi qui avait fait faillite à cet endroit. À cette époque, je ne connaissais rien.


Comme dit François Lambert, que je n’affectionne pas particulièrement mais sur ce coup il a bien raison : « Faut être naïf vouloir se lancer en affaires! » Et ça j’en avais suffisamment, oh que j’étais naïve.


Je me suis battue pour ma survie, comme personne, je suis allée me présenter partout, j’ai cogné à toutes les portes j’en ai défoncé certaines. Je me souviendrai toujours de cette journée ou j’espérais qu’un client me paie ses achats en argent pour mettre de l’essence dans mon auto pour revenir à la maison le soir. Comment oublier cette angoisse. C’est cette épreuve qui m’a permis de constater que je m’étais bien remise de mes épisodes anxiogènes, quand tu es capable de survivre à ça plus grand-chose ne t’effraie.




Quand j’ai choisi d’abandonner l’entreprise en 2017, je me suis mise à penser à tout ce travail et ces heures investies pour finalement m’endetter un peu plus chaque mois. Je me suis couchée en boule sans savoir si j’allais me relever. Je n’avais plus d’argent, plus de crédit. J’ai eu l’impression d’être malade, comme une grosse grippe qui a duré plusieurs semaines. Puis un bon jour je me suis demandé : Heidy tu en as pour quelques années à t’en remettre financièrement, comment veux-tu passer cette période? La dépression et le burn-out me guettaient je devais agir. Je suis retournée travailler dans le domaine le plus lucratif possible, l’hôtellerie. J’ai eu de la difficulté à l’accepter car j’étais une entrepreneure, j’avais été adjointe, j’avais des formations et je devais retourner à la case de départ. Je devais me refaire financièrement, j’ai fait de nombreuses heures, au début, pour y arriver et j’ai dû le faire en souriant.


Cette période allait être, sans que je ne le sache, l’une des plus fructueuse de ma vie au sens de ma richesse intérieure. Je suis devenue plus forte, j’ai découvert des passions, j’ai compris que l’argent allait et venait et que plus j’en dépensais, plus j’en avais (c’est ce dont je me suis convaincue). Ma relation avec l’argent et mes blocages se sont complètement transformés. C’est juste de l’argent, que je me suis répété souvent, on ne se laisse pas mourir pour de l’argent! Mes angoisses au sujet de l’argent étant maintenant disparues, j’attire à moi celle-ci au lieu d’en attirer les problèmes.



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J’ai dû me dépasser et croire en moi. Mon nouveau mode de vie minimaliste m’a permis d’apprécier ce que j’ai plutôt que de tenter de vouloir tout posséder en croyant à tort être plus heureuse. Ça m’a permis de remettre les valeurs aux bonnes places.


La seule option que j’avais c’était de me mettre de l’argent de côté, au cas où, puisque je n’avais plus de crédit sur lequel me fier en cas de pépin. Je suis devenue alors un petit écureuil qui se faisait des provisions. J’ai complètement changé ma façon de gérer mes finances, je ne dépensais plus pour me récompenser d’avoir beaucoup travaillé en m’achetant des futilités. J’aimais l’idée que mon bas de laine augmente encore de quelques cent dollars cette semaine. Puis j’ai compris que le matériel ne m’apportait rien de complaisant, j’ai alors préféré mettre mes sous à l’achat de moment comme : des voyages, des belles sorties ou mes passions, comme la pêche. De beaux souvenirs qui demeurent et plus gratifiant qu’une télévision 60 pouces ou qu’une voiture neuve, à mes yeux.


Et j’ai aussi accepté que je n'ai pas besoin d'être riche, j'ai seulement besoin de faire ce que j'aime. Si je n'aime pas ce que je fais alors je fais autre chose, et la richesse c'est justement d'avoir compris ça.


« Si tu penses avoir tout perdu, rappelle-toi que les arbres perdent leurs feuilles tous les ans, restent debout et attendent des jours meilleurs. »



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